Qui Legit Intellegat (Mt 24,15) Index du Forum

Qui Legit Intellegat (Mt 24,15)
Forum Catholique Semper Idem

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Jean Bastien-Thiry. Un héros?

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Qui Legit Intellegat (Mt 24,15) Index du Forum -> Section Générale -> Discussion Générale
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Bernardus
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Nov 2013
Messages: 386
Localisation: Nouvelle France

MessagePosté le: Sam 25 Jan - 16:04 (2014)    Sujet du message: Jean Bastien-Thiry. Un héros? Répondre en citant

Dans son Courrier de Tychique # 483 du 26 janvier 2014, Max Barret nous rapporte l'histoire de Jean Bastien-Thiry


"Jean Bastien-Thiry : un héros ?



Certains s’étonneront peut-être que, dans un contexte aussi redoutable qu’aujourd’hui, on puisse revenir sur un épisode, certes dramatique, mais pratiquement oublié de tout le monde : il date de plus de 50 ans ! C’est que ce rappel est plein d’enseignements qu’il est bon de connaître… aujourd’hui encore !

« Le 11 mars 1963, le lieutenant-colonel Jean Bastien-Thiry, 35 ans, polytechnicien, brillant ingénieur en chef de l’armée de l’air, père de famille de 3 enfants, est fusillé au fort d’Ivry. On lui reproche, lui et ses 14 équipiers, d’avoir voulu supprimer le président de la République, le général De Gaulle, lors de l’attentat du Petit-Clamart le 23 août 1962. »

in Abbé Olivier Rioult, Jean Bastien-Thiry. De Gaulle et le tyrannicide, éd. des Cimes, Paris, 2013.


Le décor est planté. Venons-en aux faits. Jean Bastien-Thiry était loin d’être le factieux terroriste un peu trop excité qu’on s’est efforcé de dépeindre. C’était un homme paisible, fidèle, d’une intelligence supérieure et, surtout, profondément chrétien. Le 2 février 1963, lors de son procès, il fit cette déclaration :

« Nous savons qu’il existe un 5ème commandement qui nous interdit l’emploi de la force, sauf dans des cas précis qui ont été étudiés et définis par l’Église ; de même qu’il existe un 2ème et un 8ème commandement qui interdisent à tous, singulièrement aux Chefs d’État, les faux serments, les mensonges destinés à abuser de la bonne foi de leurs concitoyens. Mais nous savons aussi qu’il existe un 1er commandement qui est le plus grand de tous, et qui nous commande la charité et la compassion envers nos frères dans le malheur.


« C’est pourquoi il a été de tout temps admis dans la chrétienté que, dans certaines conditions, un acte de force pouvait être un acte d’amour ; et c’est pourquoi selon l’enseignement traditionnel, peuvent être licites des actions de force peuvent être dirigées contre ceux qui ont perdu le sens moral et le sens humain, et qui précipitent dans la désolation ceux qu’ils ont la charge de protéger et de défendre. Si l’action que nous avons menée, en accord avec les représentants de toutes les élites de la nation, avait réussi, l’une des premières conséquences escomptées eut été l’arrêt du génocide en Algérie.

« L’actuel Chef de l’État aurait pu arrêter ce génocide en donnant un seul ordre qu’il n’a pas donné, et, à notre avis, il en portera à tout jamais la responsabilité. » (Op.cit. p. 5)


Pendant tout son procès, il se référa à l’enseignement de l’Église – quand elle enseignait encore – et il déclara aussi, pour que les choses soient bien nettes : « Il n’y a pas de sens de l’histoire, il n’y a pas de vent de l’histoire, car ce qui fait l’Histoire selon notre conception occidentale et chrétienne, qui est vérifiée par tous les faits historiques, c’est la volonté des hommes, c’est l’intelligence des hommes, ce sont les passions, bonnes ou mauvaises. » (Op.cit. p. 46) C’est donc certainement pour avoir réaffirmé la légitimité de Dieu et de son décalogue qu’il dut être éliminé. Il en était persuadé, il l’avait compris. A son avocat qui essayait de le préparer à sa condamnation à mort il déclara : « J’étais prêt dès le premier jour ». Le récit de ses dernières heures est émouvant. Il fut réveillé dans sa cellule par le Père Vernet, aumônier des prisons qui lui annonça son sort. Le Saint Sacrifice de la Messe fut célébré dans une cellule voisine. Le docteur Jacques Petit raconte : « J’ai vu beaucoup de choses, mais je n’oublierai jamais le colonel servant sa dernière messe avec calme et simplicité – et ce qui m’a le plus stupéfié, c’est que cette messe était chantée : non seulement par le célébrant mais aussi par le servant… C’était d’une très grande beauté – et en même temps d’une extrême discrétion : nul accent dramatique. Je ne sus même pas que l’hostie du Colonel fut partagée pour être donnée aussi à sa femme quelques heures plus tard. La messe a dû durer une vingtaine de minutes. En sortant nous avons retrouvé, attendant dans le grand couloir – car ils n’avaient pas pénétré dans la chapelle – les autres. Ce qui m’a profondément impressionné, et je pense que d’autres s’en sont aperçu ce matin-là, c’est le lien entre la messe qui fut sa dernière messe, et son comportement à la sortie de la chapelle : c’est cette joie dans le regard. Cette joie… » (Op.cit. p.52) Puis ce fut, non pas la fin, mais l’envol : « Nous l’avons embrassé, confiera le docteur Petit accompagnant le Père Vernet, il est allé lui-même au poteau, très digne, et toujours très calme, le chapelet dans les mains. Il n’a fait aucune déclaration. Il était debout, les mains derrière le dos, sans bandeau sur les yeux. Il est tombé à la première salve. Cela a été extrêmement rapide. » (p. 59)


La sublime déclaration qu’il fit au début de son procès explique tout : « Le danger que court actuellement ce pays ne vient pas d’un risque de destruction physique ou matériel : il est plus subtil et plus profond car il peut aboutir à la destruction des valeurs humaines, morales et spirituelles qui constituent le patrimoine français. Ce patrimoine procède d’un héritage qui est à la fois grec, latin, occidental et chrétien et repose sur une conception précise de la liberté et de la dignité de l’homme et des collectivités humaines et sur la mise en application de principes fondamentaux qui ont un caractère universel et qui sont la recherche et le souci de la justice, le respect de la vérité et de la parole donnée et la solidarité fraternelle entre ceux qui appartiennent à la même collectivité nationale. Nous croyons qu’on ne viole pas impunément et cyniquement ces différents principes sans mettre en péril de mort, dans son esprit et dans son âme, la nation tout entière ; sans la mettre par le fait même à la merci des diverses formes de matérialisme moderne. » (Op.cit. p. 15)"
_________________
''C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre... Quiconque cesse de s'opposer à un forfait manifeste peut en être regardé comme le complice secret". Pape saint Félix III (483-492).


Dernière édition par Bernardus le Lun 23 Juin - 17:26 (2014); édité 3 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Sam 25 Jan - 16:04 (2014)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Bernardus
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Nov 2013
Messages: 386
Localisation: Nouvelle France

MessagePosté le: Ven 20 Juin - 22:20 (2014)    Sujet du message: Jean Bastien-Thiry. Un héros? Répondre en citant

Avec le recul et en réfléchissant, l'histoire du colonel Bastien-Thiry, telle que racontée par M. Barret, semble relever davantage de la religion nationaliste romantique que de la doctrine catholique. Le tyrannicide est-il permis pour un catholique? Voici l'analyse de l'abbé Hervé Belmont sur ce sujet à la lumière des textes de saint Thomas d'Aquin et du Magistère de l'Église.


http://www.quicumque.com/article-sujets-d-inquietude-ii-le-tyrannicide-ou-l…


Sujets d’inquiétude… II. Le tyrannicide, ou la doctrine sinistrée


Non, ce n’est pas du tyrannicide en lui-même que je m’inquiète : il n’est pas un problème moral d’usage quotidien. C’est la désinvolture à l’égard de la doctrine catholique qui est vraiment alarmante. Je m’explique.

Parcourant le catalogue de La librairie française, je remarque un ouvrage au titre prometteur : Jean Bastien-Thiry, De Gaulle et le tyrannicide — Aspect moral d’un acte politique (éditions des Cimes, Paris 2013), par l’Abbé Olivier Rioult, que je ne connais pas plus que cela. Je commande donc ce livre, espérant y trouver une étude morale sur le tyrannicide à partir d’un cas concret.

Autant le dire tout de suite, ma déception fut grande. La première raison en est que l’aspect moral mentionné dans le titre est à peine évoqué : deux pages générales (8 & 9) en annonçant qu’on va se référer à saint Thomas d’Aquin, deux pages (10 & 11) pour répondre à la question Qu’est-ce qu’un tyran ? en citant saint Thomas d’Aquin ; deux pages (16-18) pour étudier la question de La légitimité du tyrannicide, en citant aussi saint Thomas d’Aquin. Le reste de l’ouvrage consiste principalement en un double procès : procès en canonisation pour le lieutenant-colonel Bastien-Thiry, procès en damnation pour le général De Gaulle. Ce n’était pas cela que je recherchais (Dieu les a jugés en souveraine Équité), et ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.

La partie évoquant l’aspect moral ne constitue que 10% d’un opuscule qui compte soixante pages. C’est bien peu pour régler une question aussi grave. D’autant plus que saint Thomas d’Aquin n’est là que pour faire de la figuration, et non pas comme maître de réflexion. Car le second motif de déception est que cette étude morale est bâclée, traitée avec une légèreté pitoyable puisqu’au bout du compte l’auteur, par dilutions successives, prend le contre-pied de l’enseignement de l’Aquinate.

Saint Thomas refuse toute légitimité morale au tyrannicide : « Si l’excès de la tyrannie devenait intolérable, quelques-uns ont cru qu’il reviendrait au courage des hommes qui s’en sentent la force de tuer le tyran et de s’exposer à des périls mortels pour la libération du peuple. […] Mais cela n’est pas conforme à la doctrine des Apôtres (I Pet. II, 18). […] Ce serait en effet dangereux pour le peuple et ses chefs si des hommes, par leur action privée (privata præsumptione) entreprenaient de tuer les gouvernants, fussent-ils des tyrans. […] Si chacun pouvait, à son gré, attenter à la vie d’un roi, il y aurait plus de danger à sacrifier un roi qu’il n’y aurait d’avantage dans la mort d’un tyran. On voit donc mieux que contre la malfaisance des tyrans, ce n’est pas par les entreprises de quelques particuliers qu’il faut procéder, mais par l’autorité publique » (De Regimine principum I, 6).

Car saint Thomas distingue soigneusement le tyrannicide de l’insurrection légitime. Le premier n’est jamais permis parce qu’il demeure un acte d’ordre privé (même s’il est le fait de plusieurs et dans l’intention du bien public) ; la seconde peut être permise à des conditions très strictes.

Parmi ces conditions, les auteurs mentionnent le fait que la tyrannie doit être manifeste aux yeux de la pars sanior (les gens sages et honnêtes) de la société et qu’il y ait des chances raisonnables de succès (par exemple Castelein, Institutiones philosophiæ moralis et socialis, 1899). C’est que l’insurrection légitime ne peut en aucun cas être un acte d’ordre privé ; il faut qu’il soit assurément un acte de la société, dont l’autorité est, de ce point de vue, une fonction. C’est la société elle-même qui peut rejeter le tyran. Une personne ou un groupe particuliers ne peuvent le faire en leur nom propre (mais ils peuvent en avoir l’initiative).

Bastien-Thiry semble confondre les deux choses en légitimant le tyrannicide par la conjecture que la réussite sera le point de départ d’une réaction vitale de la société. C’est avouer qu’il ne s’agit pour l’heure que d’un homicide qui ne s’élève pas au-dessus d’une action de « justice » privée. Mais cela n’empêche pas notre moraliste d’occasion d’acquiescer, en affirmant que « le colonel Bastien-Thiry et son équipe n’agissaient pas en leur nom propre mais au nom d’une élite nationale… ». Non seulement ce n’est qu’une supposition, mais c’est confondre la nature d’un acte et le résultat qu’on en escompte, c’est montrer qu’on a du mal à concevoir ce qu’est la société.

Cela laisse pantois. Autant légitimer le larcin chaque fois qu’on peut s’entretenir dans l’imagination que le volé renoncera à son droit de propriété.

On assiste, au cours des pages du livre qui traitent de la légitimité du tyrannicide (16-18), à une dilution progressive de l’enseignement de saint Thomas d’Aquin : son non catégorique est peu à peu travesti en oui par immersion dans les considérations de l’auteur mêlées à celle du colonel Bastien-Thiry — ce qui produit une sorte de fondu-enchaîné entre le tyrannicide et l’insurrection ; entre l’interdit, le dangereux et le permis ; dans le bain de l’équivoque entre tuer le tyran, le destituer, se soustraire à son autorité. À la page 18 le tour est joué, et l’on n’y reviendra plus. Habile ? peut-être ; vrai ? certainement pas.
 
*
  

Mais ce n’est pas le vice principal de l’opuscule en cause. Ce qui frappe davantage encore, c’est l’absence de toute référence et même de toute allusion au Magistère de l’Église.

Or l’Église catholique a parlé. Elle a condamné les théories justifiant le tyrannicide avec une très grande vigueur. Le doute n’est pas permis. La désinvolture doctrinale devient odieuse.

On lit, dans les actes du Concile de Constance, la condamnation suivante :

« La proposition “Tout tyran peut et doit licitement et méritoirement être tué par n’importe lequel de ses vassaux ou sujets, même en recourant à des pièges, à la flagornerie ou à la flatterie, nonobstant tout serment ou alliance contractée avec lui, et sans attendre la sentence ou l’ordre de quelque juge que ce soit…” est erronée en matière de foi et de mœurs, et le concile la réprouve comme hérétique, scandaleuse, séditieuse et prêtant aux fraudes, aux tromperies, aux mensonges, aux trahisons et aux parjures. De plus il déclare, décide et définit que ceux qui soutiennent avec entêtement cette doctrine très pernicieuse sont hérétiques » (quinzième session, 6 juillet 1415, Denzinger 690).
On peut difficilement être plus net. Et la clause finale aurait dû inviter à quelque prudence : la doctrine est très pernicieuse, les tenants opiniâtres sont hérétiques.

— Objection.  Cette condamnation est certes très sévère, mais elle ne fait pas partie des actes de Constance approuvés par le pape Martin V (qui a même éludé la question à la quarante-cinquième et dernière session, 22 avril 1418). La condamnation n’est donc pas un acte du Magistère suprême de l’Église, ni pontifical ni universel.

— Réponse.  Cela est parfaitement exact. Mais cette condamnation a été promulguée plus tard, beaucoup plus tard, par le Pape Paul V, dans la bulle Cura Dominici Gregis du 24 janvier 1615, et dans des termes très solennels et formels : « Concilii Constantiensis declarationem, decretum ac definitionem circa doctrinam de nece tyranni editam tenoris huiusmodi : [[i]ici, le texte de la condamnation portée à Constance[/i]]. Nos, matura deliberatione præhabita, hac nostra perpetua constitutione, apostolica auctoritate innovamus, et, quatenus opus sit, approbamus et confirmamus. Si quis autem diabolico ausu contrarium attentari præsumpserit, eo ipso anathemate innodatus existat. »

— Instance.  Soit… il est impossible de nier que la condamnation de Constance ait pleine autorité dans la sainte Église catholique. Mais ladite condamnation contient plusieurs propositions qui sont liées par la conjonction « et » ou bien juxtaposées. Il suffit donc de ne pas professer l’une des propositions pour éviter de tomber sous la condamnation. On peut donc admettre le tyrannicide, à la condition de ne pas employer des moyens déloyaux.

— Réponse.  Et pourquoi ne pas dire aussi qu’il est permis d’employer des moyens déloyaux à la condition que cela n’aille pas jusqu’à la mort ?

Le sens obvie du texte est de condamner toutes et chacune des propositions énumérées. D’ailleurs, le Pape Paul V, avant de procéder à la promulgation de ladite condamnation, précise soigneusement le sens en lequel il l’entend. Pour ce faire, il relie les divers aspects de la conduite condamnée par la conjonction « aut » (« ou ») montrant bien que ce sont d’une part le tyrannicide lui-même et d’autre part chacun (quomodolibet) des procédés annexes inventoriés qui sont condamnés. « Itaque, ut eorum nefarium et execrandum scelus, qui impias manus principum personis admovere, aut contra eorum salutem quomodolibet attentare diabolica præsumptione non verentur… » D’ailleurs, la condamnation ayant comme objet principal le tyrannicide, il aurait été invraisemblable que le tyrannicide simpliciter puisse échapper à la condamnation.

— Nouvelle instance (timide).  Oui, la clause finale (doctrine pernicieuse, personnes hérétiques) aurait dû inviter à quelque prudence : mais il n’est pas facile de se procurer le texte de cette bulle…

— Nouvelle réponse.  Pour traiter d’un problème si grave, il faut se donner un peu de peine. Sinon, il vaut mieux se taire. Je vous place en annexe, infra, le texte de la bulle ; il est inclus dans le grand bullaire édité à Turin sous Pie IX, lequel est disponible sur le site archive.org accessible ubique terrarum. Il vous restera la peine de la lire et, si vous ne la comprenez pas en lecture directe, de la traduire ou de vous la faire traduire.

*
  

Voilà qui termine la question morale. Voilà en quoi l’ouvrage qui a été l’occasion de cette brève mise au point est irrecevable. Définitivement.
Et, encore une fois, au-delà des personnes en cause, au-delà même du point de doctrine mis à mal, la désinvolture manifestée à l’égard de la doctrine catholique, du Magistère de l’Église et de saint Thomas d’Aquin lui-même, a quelque chose de vraiment sinistre.

*
  

Pour finir, j’évoque deux points annexes, qui pourraient, au point de vue historique, modifier la manière d’envisager l’affaire dans son ensemble.

1. Quoi qu’il en soit du jugement moral, quoi qu’il en soit des intentions réelles de Jean Bastien-Thiry, il était trop tard : le 22 août 1962 (date de l’attentat du Petit-Clamart), après les accords d’Évian donc (mars 1962) l’abandon de l’Algérie aux révolutionnaires du FLN était irréversible, tout comme la complicité du peuple de France (91% de oui de la part des français métropolitains au référendum du 8 avril 1962). L’élimination physique du général De Gaulle n’y pouvait plus rien changer. C’est en tout cas l’analyse nettement exprimée par le colonel Chateau-Jobert (1912-2005) au cours d’un dîner aussi instructif que sympathique (en avril 1973 à Lausanne : l’Abbé Jean-Michel Faure et l’Abbé Jacques Seuillot me peuvent servir de témoins, puisque nous étions quatre).

2. Jean Bastien-Thiry voulut-il vraiment occire De Gaulle ? Je n’ai pas de lumière particulière sur la question. Voici ce que je relève dans Itinéraires (n. 72 p. 107, avril 1963) sous la plume de Jean Madiran :

« Cette Déclaration du colonel Bastien-Thiry [du 2 février 1963] reproduit le texte qu’il a lu à l’audience de la Cour militaire de justice. Elle est très différente de ce que nous en avions connu par la rumeur des radios, des articles, des commentaires, des communiqués. À aucun moment elle n’invoque cette théorie du “tyrannicide” dont on a tant parlé. Journalistes et docteurs catholiques, n’écoutant que leur bon cœur, ont été fort nombreux à attester solennellement dans leurs publications que l’inculpé Bastien-Thiry avait tort. Il est exact que la tradition et la doctrine catholiques, si elles admettent dans certains cas la résistance active à l’oppression, et l’insurrection, n’admettent point le “tyrannicide”. Mais Bastien-Thiry n’a allégué aucune forme ni aucune espèce de tyrannicide. Il a invoqué saint Thomas d’Aquin au sujet de la définition du tyran et nullement au sujet de l’assassinat du tyran. Lui-même n’a ni tué ni voulu tuer. Il n’a versé le sang de personne, encore qu’il en ait assumé le risque. Sa tentative, qui a échoué, était d’un enlèvement à main armée du chef actuel de l’État. »
 
_________________
''C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre... Quiconque cesse de s'opposer à un forfait manifeste peut en être regardé comme le complice secret". Pape saint Félix III (483-492).


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:47 (2017)    Sujet du message: Jean Bastien-Thiry. Un héros?

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Qui Legit Intellegat (Mt 24,15) Index du Forum -> Section Générale -> Discussion Générale Toutes les heures sont au format GMT - 4 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com